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Guy Teissier présente ses voeux à la population

Retrouvez ci-dessous le discours de Guy Teissier lors de la cérémonie des voeux à la population, au Florida Palace, le 12 janvier 2012

2011 s’est terminée sans regrets ni remords. C’est effectivement, une folle année qui s’est offerte à nous.

Une année qui avait commencé sous des auspices prometteurs.

Une année où le vent des libertés allait souffler pour faire vaciller les dictatures les mieux établies.

Une année où la communauté internationale, souvent décriée pour son immobilisme, allait assumer ses responsabilités en encourageant ce que l’Histoire retiendra comme la révolution des printemps arabes.

Oui, effectivement avec les chutes consécutives de Ben Ali, Moubarak et du sanguinaire Kadhafi, cette année 2011 allait être à ne pas douter une de ces années qui feraient la fierté de l’Histoire et des hommes qui l’écrivent.

Des martyrs, un peuple exsangue et en colère, des dictateurs aveugles, les nouvelles technologies au service d’une noble cause, toutes les conditions étaient réunies pour que ces pays s’enflamment et aspirent à un modèle de démocratie.

La France a eu raison de participer à ce grand élan que ce soit par ses réseaux diplomatiques ou son engagement militaire.

Et une fois encore, permettez au Président de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées et au Président de la Délégation parlementaire au Renseignement chargé de contrôler tous nos services secrets de témoigner de notre reconnaissance à ces hommes et ces femmes, civils ou militaires, qui se battent avec le courage, la compétence et l’esprit de sacrifice que nous leur connaissons, pour que nous vivions en paix et en sécurité sur notre sol.

Finalement, pour nous français, héritiers de l’esprit révolutionnaire, nous avons vécu ces moments très intenses comme des séquences d’espoir, même si nous devons être bien conscients que ces grands bouleversements ne sont pas sans conséquence sur les grands équilibres très fragiles de cette région du monde.

De ce mouvement qui s’apparente, tout de même, à une secousse tellurique sans précédent, la France aura su tirer profit pour engager la révision de sa stratégie de défense et de sécurité avec l’adaptation de son livre blanc .

2011, c’est aussi le rappel cruel, avec le tsunami nippon, que face aux éléments de la nature, les êtres humains, que nous sommes, sont bien fragiles et désemparés.

Je pense que nous resterons à jamais marqué par le déchaînement des forces de la nature, la grande détresse, mais aussi, la grande dignité du peuple japonais.

Unis face au chaos, le Japon a su montrer sa force discrète et sa solidarité silencieuse pour surmonter cette terrible épreuve.

Cette unité, les parlementaires qui m’entourent, nous l’avons vécue avec le vote au mois de décembre dernier par l’Assemblée nationale de la pénalisation de la négation des génocides.

En agissant ainsi, le parlement français a su reconnaître une cause noble et humaine en respectant l’engagement qu’ avait pris le président de la République à l’occasion de son voyage en Arménie

Cette unité, cette force, cette solidarité, nous, les français, les européens, allons en avoir besoin pour affronter cette crise économique qui s’est invitée sans crier gare dans notre quotidien.

La crise financière de 2008 nous avait alerté sur la fragilité du système bancaire international, mais finalement, grâce à la forte mobilisation de l’Etat avec le plan de relance, le plan quinquennal d’investissement et les prêts consentis aux banques françaises, nous nous étions dit que l’on avait su passer à travers « les gouttes de la tourmente planétaire ».

Ca a été une erreur que de le croire, car cette première alerte a grandement fragilisé la zone euro, et un certain nombre de pays, qui toute à l’euphorie d’avoir intégrer l’Union européenne en ont oublié de faire les réformes structurelles que leur imposait leur nouveau statut.

Les grandes largesses de l ‘Europe et des Etats membres, dont la France, leur ont permis de mener un train de vie très confortable, d’autant plus confortable qu’il était payé par les autres.

Mais au-delà d’une situation que vous connaissez par médias interposés, la vérité c’est que cette crise est finalement le premier coup dur sérieux que des générations de français subissent depuis l’après guerre.

Aujourd’hui, cette crise, la vraie, pas celle que l’on qualifie dès qu’un mauvais chiffre de l ‘INSEE est publié, touche des générations qui vivent dans le confort de la paix, dans la générosité de l’Etat Providence, finalement dans un monde très protecteur, même si pour certains de nos compatriotes la vie quotidienne demeure difficile.

Dès lors, le défi qui s’impose à nous, est autant de trouver les instruments politiques et institutionnels pour renforcer l’Europe dans sa gouvernance que d’inciter chaque pays à se réformer pour rendre plus compétitif nos Etats respectifs.

Ces chantiers sont vastes, compliqués à mener, surtout en périodes électorales, mais sont indispensables et nécessaires si nous voulons continuer à compter dans le concert des Nations.

Imaginer que notre salut pourrait venir du repli sur soi alors que le monde aujourd’hui se gouverne entre continents, serait une faute majeure.

Nous sommes tous trop dépendants des uns des autres, plus encore avec les nouvelles technologies, pour imaginer une seule seconde que la mise en place de mesures protectrices de type droits de douane renforcés ou un retour à la monnaie nationale, défendues par certains, constitueraient la solution miraculeuse à nos difficultés du moment.

Cette crise nous amène à accomplir des réformes que les gouvernements dans chacun des pays de la zone euro ont trop longtemps repoussées.

La France n’est pas exempte et va devoir à tous les niveaux de son organisation institutionnelle se plier au rite de la maitrise de la dépense publique.

A cet égard, je note que si l’Etat avait anticipé un certain nombre de réformes structurelles majeures pour améliorer la productivité de ses services (réforme des retraites-RGPP) , ça n’a pas été le cas de certains pays voisins et amis qui n’ont pas eu ce courage.

Aujourd ‘hui, ils se trouvent dans des situations économiques extrêmement détériorées. Ainsi, le Portugal va baisser de 25% les salaires de ses fonctionnaires ou l’Italie doit emprunter son argent à 7,5% alors que la France continue à emprunter à 4 .

Mais, si l’Etat et les français ont consenti ces efforts, il n’en est pas de même des collectivités locales.

Je suis particulièrement surpris de constater qu’aucune n’anticipe réellement la crise et ses conséquences.

Aucune n’anticipe les conséquences qu’auraient la dégradation éventuelle de notre triple A sur le relèvement des taux d’intérêts des prêts qui leurs sont consentis.

Aucune ne s’est réellement engagée sur des plans de maîtrise de la dépense publique avec une réduction du format de leurs effectifs. Pire certaines continuent une débauche d’embauches comme si de rien n’était.

Aucune ne revoit son plan d’investissement à court et moyen terme, comme si la crise ne les concernait pas.

Cette situation me laisse perplexe et je ne voudrais pas que l’on nous explique, une fois le dos au mur, qu’il faudra augmenter la charge fiscale, déjà bien élevée, qui pèse sur les épaules des contribuables que nous sommes.

Je ne peux pas souscrire ni cautionner ce type d’aveuglement.

Par contre, soyez convaincus de ma détermination à œuvrer à la redéfinition de notre carte fiscale pour qu’elle soit plus juste géographiquement et socialement, comme j’ai pu te le proposer mon cher jean Claude à l’occasion du dernier conseil municipal et que tu as bien voulu accepter.

Mais la crise n’est pas qu’économique, elle est aussi sociétale.

Quand je vois, ce qui se passe dans notre ville et plus proche de nous ces derniers jours au collège du Roy d’Espagne, que la violence la plus extrême se banalise dès le plus jeune âge, cela m’attriste, m’inquiète et me révolte profondément.

Là où il y a quelques années des différends de cours de récréation se réglaient à coups de poing, ils prennent aujourd’hui des dimensions hallucinantes d’agressivité.

Je considère que le développement de tels faits est le signe d’un affaiblissement de nos valeurs, avec des jeunes enfants qui n’ont plus la notion du bien et du mal.

Souvent trop excusés par une société laxiste, ils vivent dans un monde virtuel avec leurs jeux vidéo au point de passer à l’acte sans se rendre compte de la gravité de leurs gestes.

Sur ces questions, la réponse se trouve au niveau de la cellule familial plus qu’ au niveau de l’Etat.

Non décidément 2011 s’éloigne sans regrets ni remords !

2012 s’annonce comme une année palpitante, rythmée par des échéances importantes pour notre pays, mais aussi par la conviction que cette année va être cruciale pour l’équilibre du monde mais aussi, plus proche de nous, pour notre quotidien.

La crise pourrait nous inciter à baisser les bras. Nous aurions tort.

Pour vous en convaincre, souvenez-vous de cette citation tellement d’actualité:

«  Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on n’ose pas les faire. C’est parce qu’on n’ose pas les faire qu’elles sont difficiles ! »

Pour 2012 Euroméditerranée va poursuivre son travail titanesque de mutation de ses quartiers avec les chantiers majeurs tels que le bd du Littoral, les aménagements de la place de la Méditerranée, l’esplanade du J4, la réfection de la place de la Joliette ou encore l’hôpital desbief/Paré.

Nous allons poursuivre les travaux d’aménagement de la ZAC St Charles autour de la porte d’Aix et de la rue Camille Pelletan.

Et surtout nous allons mettre les bouchées doubles pour que les grands équipements culturels indispensables à la réussite de Marseille 2013 soient livrés conformément au calendrier prévu, et ce quelques soient les aléas explosifs….

Qu’il s’agisse du MUCEM, du CRM, de la Fondation Regard de Provence ou du théâtre de la minoterie, Euroméditerranée poursuivra sa mission de coordination de la maîtrise d’ouvrage.

Sans oublier bien évidemment Euromed 2, labellisée Ecocité, et qui fera de Marseille à l’horizon 2020, une ville exemplaire en termes de développement urbain, de développement durable et de maîtrise de l’énergie.

2012 sera l ‘année, enfin, du parc national.

Enfin ! Oui ! car l’on peut dire que sur ce dossier tous les coups auront été permis, et beaucoup de contre vérités auront été dites.

Mais voyez vous, je pars du principe « qu’il faut se garder de confondre l’importance des choses avec le bruit qu’elles font. »

Ce dossier, mes chers amis, je l’affirme et je le réaffirme est une chance pour Marseille et les marseillais.

Une chance pour Marseille car si le parc national est un outil de protection d’espaces naturels, il n’est pas que cela.

Il va obliger les élus locaux à revoir leurs politiques de lutte contre les pollutions, leur politique d’urbanisme, leur politique de transports et de déplacement urbain, ou encore de gestion des franges ville -nature.

Et de cela, à Marseille, je pense, nous en avons un grand besoin pour rendre plus cohérent le développement de notre ville et améliorer la qualité de vie des marseillais.

Et contrairement à ce que j’entends ou je lis ici ou là, le parc national, tel que nous l’avons pensé avec tous les acteurs qui nous suivent sur ce dossier, est un outil au service de l’homme.

De l’homme qui respecte la nature, certes, mais de l’homme avant tout.

Au demeurant, je suis intimement convaincu que dans quelques années, il sera plébiscité. Car vous le verrez il deviendra une des vitrines majeures de Marseille.

Mais, ma conviction, c’est que 2012 sera l’année de la métropole.

Vous allez me dire, que je n’ai pas suivi la récente actualité, et pourtant !

Certes la métropole institutionnelle, celle qui prévoit d’augmenter le nombre de ses élus et de s’éloigner du terrain, est pour l’instant un échec (et ce n’est peut être pas plus mal), mais je fais partie de ces élus qui considèrent que la métropole s’incarne d’abord par les projets.

Or si vous regardez objectivement la situation :

La fusion de nos universités, le port modernisé, le parc national, 3ème parc péri urbain au monde après Sydney et Cap Town, Euroméditerranée et la dynamique économique qu’elle génère et les multiples équipements culturels qui arrivent, sont autant « d’objets monde » qui inscrivent durablement Marseille dans une démarche métropolitaine ambitieuse.

Et je ne fais pas partie de ces élus qui fustigent à longueur d’année ou par interview interposés l’Etat de son ingratitude supposée, car finalement, si nous y regardons bien, les dossiers qui avancent sont ceux qui sont animés par l’Etat.

Je considère que l’anti parisianisme cultivé ici et là comme un marqueur identitaire est révolu et relève plus de la posture.

Et cela me désole car nous pourrions obtenir bien plus si nous étions mieux organisés pour solliciter l’Europe, qui malgré la crise, reste encore généreuse pour qui sait la solliciter.

Pour 2012, mesdames et messieurs, notre responsabilité sera de poursuivre cet élan nécessaire à notre ville pour peu que nous sachions inscrire nos choix sous les signes du bon sens et de l’efficacité, et du coup que nous sachions réfuter des projets coûteux et non prioritaires qui fragilisent nos pouvoirs d’achats respectifs.

Quelques propositions en forme de vœu, si vous le voulez bien, monsieur le maire 

Le bon sens et l’efficacité pour avoir une ville propre, c’est de placer les cantonniers au plus près de la gouvernance locale, et donc auprès des maires d’arrondissements.

Le bon sens et l’efficacité pour mieux circuler, c’est d’avoir un réseau de tramway qui desserve les quartiers périphériques, avant ceux de l’hyper centre.

Le bon sens et l’efficacité pour diminuer la place de la voiture dans le centre ville, c’est d’ abord de proposer une offre de transport en commun aboutie, et non l’inverse.

Le bon sens et l’ efficacité pour accompagner le développement urbain de nos quartiers, c’est que la collectivité s’assure que les services publics de proximité ou les voiries soient livrés à temps et non après que les habitants aient investis les lieux.

Le bon sens et l’efficacité pour vivre en sécurité, c’est d’avoir des policiers qui patrouillent dans nos rues, des policiers municipaux armés qui viennent en appui de la police nationale aux heures où les délinquants s’activent.

A cet égard, qu’il me soit permis de rendre un hommage appuyé aux forces de sécurité qui accomplissent un travail difficile, ingrat et dangereux au bénéfice de notre bien vivre.

C’est à cet esprit de bon sens et d’efficacité, qui anime depuis toujours ma formidable équipe municipale, que nous ferons appel cette année encore, pour défendre la remise à plat de la ZAC de la Capelette et sa desserte par un mode de transport doux, ou pour ne lancer la ZAC Régny qu’après avoir eu des engagements fermes et écrits sur la réalisation du BUS ou a minima de ses contre allées.

Même si sur ces dossiers les choses semblent avancer avec notamment le lancement de la concertation préalable à la réalisation du BUS en février-mars ou encore la réalisation des études d’un tram-train Blancarde-Dromel, notre vigilance est constante car nos quartiers pourraient être un Eden s’ils n’avaient pas été les victimes, par le passé, de choix contestables en matière de transports notamment.

C’est dans cet esprit de vigilance et de détermination que s’inscrit notre démarche du projet de rénovation urbaine des Hauts de Mazargues.

Ce projet a débuté en 2011 avec l’amélioration des conditions de vie des habitants de la Soude, il se poursuivra cette année dans un esprit de concertation pour que chacun y trouve son compte.

Nos quartiers doivent suivre l’évolution nécessaire, et de toute façon inéluctable de notre ville.

Mais cette dynamique nous devons l’inscrire sous le triple signe du beau, du fonctionnel, et de l’écoute attentive des populations.

Ce sera le cas avec la rénovation du noyau villageois du Cabot, la réfection de la rue Magdelon à Mazargues, la requalification du jardin de la Capelette, la résidentialisation des espaces publics de l’Allée des Pins ou de l’entrée de la Rouvière ou encore le beau projet d’embellissement de la traverse Chanteperdrix.

Faire beau et fonctionnel, c’est la mission, au delà du simple vœu, que j’assigne à mes élus pour cette année 2012.

Mesdames, messieurs, chers amis, comme vous pouvez le constater, l’année 2012 s’annonce comme une année riche en événements et porteuse de beaucoup d’espoir.

Le défi qui s’annonce à nous, citoyens de cette ville, c’est de trouver notre juste place dans cet environnement mouvant.

Rien n’est jamais acquis dans la facilité.

Mais ce qui est certain, c’est que vous pouvez compter sur les élus de votre secteur pour agir avec la détermination, l’honnêteté et l’efficacité que vous leur reconnaissez depuis plusieurs années.

Nous savons ce que nous vous devons.

Je sais ce que je vous dois. Vous m’avez élu conseiller général, maire d’arrondissements, député. Et tout cela, c’est à vous seuls que je le dois.

En retour, nous avons, j’ai, envers vous une exigence d’exemplarité, de disponibilité et si possible d’efficacité.

Avant de conclure, je souhaite vous laisser méditer ces deux proverbes :

1/ «  Apprends à écrire tes blessures dans le sable et à graver tes joies dans la pierre »

2/ « L’espoir est le pilier du monde »

Oui ! Sachons aller à l’essentiel et inscrivons cette année dans l’espérance, et vous verrez 2012 sera une belle année !

A vous toutes et à vous tous qui faites Marseille, anonymes, collaborateurs d’Euromediterranée, du GIP des calanques, employés municipaux, présidents de CIQ ou d’associations, élus, je souhaite, à tous, une Bonne et Heureuse année 2012.

Guy Teissier à l'assemblée

LIENS UTILES

• www.elysee.fr

• www.assemblee-nationale.fr

• www.gouvernement.fr

• www.defense.gouv.fr

• www.bouches-du-rhone.pref.gouv.fr

• www.euromediterranee.fr

• www.gipcalanques.fr

• www.mairie-marseille.fr

• www.u-m-p.org

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